03.01.2010
Ce que j'aimerais souhaiter pour 2010
Bonjour à tous!
A voir comment s'est déroulée l'année 2009, et avant, les voeux que l'on peut formuler pour cette nouvelle année sont clairs.
J'aimerais ainsi trouver plus de visages heureux. Pour cela, plus de courage, d'envie de faire des efforts, afin de faciliter la vie des gens, ceux qui ont des idées, de la force, qui ont besoin de moyens pour faire germer leurs envies. Aidons à la réalisation des rêves, et attachons-nous moins à l'argent, à la rentabilité, au profits financiers...
J'aimerais également plus de tolérance, d'écoute, de curiosité. Interessons-nous aux autres cultures, aux autres peuples, à ceux qui ne voient pas pareil, qui ne vivent pas pareil.
Ouvrons-nous plus, ayons plus envie de découvrir l'autre. Nous vivons dans des pays les plus prospères qui soient, les plus riches qui soient. Alors tendons plus la main à ceux qui ont moins de chance. Ne nous fermons pas à ce qui n'est pas nous. La diversité fait notre force.
Aussi, rendons plus et vraiment accessibles ce qui permet de rendre notre horizon plus vaste: la culture, l'information, le savoir en somme. Que le théatre, le cinéma, l'opéra, la littérature et la musique nous envahissent le plus possible. Laissons plus de place également à ce qui a moins de succès que les blockbusters et les musiques commerciales. Internet, les livres électroniques, la diffusion audiovisuelle du savoir et de la culture sont des moyens de rendre plus accessibles tout ce qui nous enrichit intérieurement. Il est important de s'ouvrir plus intensément l'esprit!
Je caresse également le voeu que nous fassions moins attention aux préjugés... sur le nord, sur les lgbt, le sida, les autres religions/peuples/regions/cultures que la sienne.
Et que nous fassions plus attention à notre environnement, à la vie végétale et animale. Nous avons besoin de nous développer, de construire, mais pensons à équilibrer les milieux et les besoins. Lorsque nous voulons destiner une terre à une production, voulons-nous d'elle qu'elle nous nourrisse, nous apporte de l'énergie, ou des poumons (les forêts), ou encore devienne un passage... ?
Ces voeux seront surement à renouveler encore et encore, année après année. Il faut cependant des voix pour les affirmer, et ne pas demeurer indifférent face à ce qui ne colle pas ici bas. Il faut dénoncer les travers, ne pas cesser de chercher à les corriger, donc à atteindre un optimum, autant que se faire se peut...
Bonne année 2010 !
13:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : souhaits, 2010
01.11.2009
Sommes-nous manipulés ?
C'est la question qui s'est posée dans un cours cette semaine. Elle ne finit pas de m'interroger.
Car finalement la tentation de se dire que TOUT est pourri, qu'on nous prend TOUS pour des moins que rien, est bien facile. Au moins si l'on se trompe un peu, voire beaucoup, on ne peut pas être accusé de vouloir être idéaliste, naif. Ca permet de se protéger.
Mais en fait, c'est une erreur de l'esprit. Car on ne fait pas la part des choses. Et l'on se prive d'une part de vérité.
En réalité, les choses sont nuancées, pas aussi tranchées qu'on pourrait le penser.
On se contentant de simplifier et de croire, en faisant cela, qu'on est plus intelligent que les autres.
La réalité, c'est que nous ne sommes pas tant influencés que ça. Pourquoi ? Car nous choisissons. Nous le faisons constamment.
Il n'est pas question d'éducation, mais vraiment de choix.
Dans notre enfance, on nous explique longuement et calmement qu'il faut ouvrir son esprit, s'intéresser à la littérature, au dessin, à l'art, à la musique, au bon goût, apprendre à vivre en société.
Et pourtant, on se met quand même à fumer, à boire, à faire des accidents, à être accro aux nouvelles technologies, aux écrans, à jouer, à se fermer aux autres, et à développer des sentiments et des attitudes anti-sociaux.
Ainsi, malgré l'éducation reçue, on mange mal, on se rend dans des fast food, on est parfois imprudent, et on se délecte à se dire libre et à mener notre existence telle qu'on la souhaite.
Après, dans notre interaction avec la presse, le cinéma, les moyens de communication, la télévision, le théâtre, la musique, Internet, on a beau vouloir nous inciter à telle ou telle chose, nous choisissons. Nous avons du choix, mais ce choix va souvent dans le même sens. C'est bien la preuve que notre volonté est maîtresse.
La presse la plus vendue est proche de la télévision la plus regardée, des films les plus visionnés, des pièces les plus fréquentées, des chansons les plus composées.
De plus, notre choix détermine les créations et les disparitions. Loft Story a-t-elle survécu à la sanction populaire ? Le documentaire de Nicolas Philibert sur une école auvergnate n'a-t-il pas connu une certaine consécration alors même qu'il ne s'agit ni d'un blockbuster, ni d'un document fortement médiatisé ?
Le choix populaire ne cesse de signer l'arrêt de mort ou la mise en avant de produits, de services...entre la disparition de caramail ou de geocities, la création de dailymotion ou youtube... la starisation de rémi gaillard ou la ridiculisation de Michael Vendetta... la promotion de Redbull...
De la à dire que ce que l'on nous annonce comme le plus populaire le soit vraiment, je n'irais pas jusque là. Il est certain qu'il existe des standards qui sont toujours mis en avant, et qui sont considérés comme le goût moyen de tout un chacun.
Mais c'est là ignorer la face cachée de l'Iceberg. Ou ignorer qu'il y a autre chose. Qui pourrait donc se permettre de dire ce qui fait la culture des gens ? Comment quantifier ? En s'avançant, on se permet forcément une certaine subjectivité.
13:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : manipulation
04.10.2009
Interview d'une européenne, aux commencements de l'aventure commune d'après-guerre (DNA)

L'esprit pionnier
Armande Cohen, 88 ans, a du sang alsacien dans ses veines de ressortissante britannique. Douée pour les langues - elle en maîtrise quatre, l'anglais, le français, l'allemand et l'italien - cette fille de tailleur juif exilé de Paris à Londres a été parmi les pionniers du Conseil de l'Europe lorsque celui-ci s'est implanté à Strasbourg en 1949. Sa débrouillardise lui a été bien utile, pendant la guerre et après.
« J'ai fait ce que j'ai fait parce que ça m'amusait. J'avais des idées que je voulais mettre en oeuvre », dit Armande Cohen dans un français parfait, en insistant pour qu'on n'en fasse pas trop sur elle. Beaucoup de femmes pourtant rêveraient sans doute d'avoir un curriculum vitæ comme le sien. Elle a fait un aller-retour Londres / Strasbourg en Eurostar et TGV pour assister aux cérémonies du 60e anniversaire du Conseil de l'Europe. Sans se plaindre, comme certains députés européens pro-bruxellois beaucoup plus jeunes qu'elle, des huit heures de voyage. Elle a été reçue vendredi à l'hôtel de ville par l'adjointe en charge des relations internationales, Nawel Rafik-Elmrini
Armande Cohen est restée, dans l'âme, la battante qu'elle fut pendant la Seconde Guerre mondiale et la pionnière de la construction européenne. Elle n'a jamais voulu d'autre passeport que le britannique, pourtant l'attitude de ses compatriotes la désole. « Les Anglais ne sont pas européens, ce n'est pas la peine de se leurrer. » Mieux vaut ne pas aborder le sujet de l'euro, ça « l'énerve ». « J'avoue ne pas comprendre pourquoi ils restent tellement attachés à la livre sterling, dont le cours dégringole. »
Son frère et sa belle-soeur victimes de la Shoah à Auschwitz
La vie d'Armande Cohen est un roman d'aventures dont les premiers chapitres relatent les tribulations d'une famille juive dans un entre-deux-guerres plombé par la montée de l'hitlérisme. Une famille qui paiera son tribut à la Shoah mais participera aussi à la libération de l'Europe du joug nazi. Armande connaîtra ensuite l'exaltation de ceux qui ont jeté les fondations des institutions européennes contemporaines.
Elle est née à Londres d'un père britannique et d'une mère alsacienne. « Maman parlait souvent de l'Alsace, elle cuisinait très bien la choucroute. Elle me racontait qu'en hiver, elle patinait sur le Rhin gelé. J'avais du mal à imaginer ma mère sur des patins. » Armande se souvient d'un lord maire show, défilé traditionnel entre fête costumée et carnaval au centre de Londres, le deuxième samedi de novembre où son jeune frère était déguisé en « petit français » ( !) et elle en alsacienne. Le mariage de ses parents fut « arrangé » par des amis communs aux deux familles. « Malgré cela, ils furent très heureux. Je ne les ai jamais entendu se disputer. » Le père était tailleur à Paris. Plus que par son métier, il était passionné par les discussions avec ses clients les plus intéressants.
Débarquement à Omaha Beach
Le couple eut cinq enfants. Estelle est morte à huit ans de la grippe espagnole. Georges, pharmacien et herboriste, ne voulut pas quitter la France lorsque la famille, inquiète de la montée du nazisme, s'installa à Londres. Il fut déporté avec sa femme à Auschwitz ; aucun des deux n'en revint. Gaston, opérateur radio, fut parachuté à trois reprises en France pour transmettre des renseignements à Londres. Il devint un grand ami d'un autre Gaston, Defferre, maire de Marseille et ministre de Mitterrand.
Armande, scolarisée à l'école française de Londres, avait commencé à travailler, sans grand enthousiasme, à la City. Lorsque de Gaulle arriva à Londres avec ses premières « troupes », le pasteur de l'église protestante téléphona au père d'Armande : « Il faut que ta fille aille accueillir les Français. » Peu nombreux en effet étaient ceux qui, à Londres, parlaient couramment les deux langues. « J'ai donné tout mon temps libre aux Forces françaises. »
Mobilisée à son tour dans le service territorial auxiliaire de l'armée britannique en 1942, elle est intégrée l'année suivante dans les Forces françaises libres. Elle est affectée à l'état-major pour donner aux élèves officiers des cours sur l'administration.
En 1944, après le D-Day, on envoie le lieutenant Armande Cohen à Paris mettre sur pied l'organisation des AFAT (auxiliaires féminines de l'armée de terre). « Personne ne m'avait dit ce que je devais faire. J'ai quand même pensé à emporter deux cantines remplies de matériel, du papier, des crayons. » Au port, le capitaine refuse d'embarquer Armande et ses deux collègues sur un bateau où il n'y a que des hommes. Des officiers français leur cèdent une de leurs cabines. Elles débarquent à Omaha Beach qui n'est plus qu'un champ de ruines. Arrivée à Paris, Armande se rend au ministère de la guerre où on lui donne la clé d'un très bel hôtel particulier. « A moi de me débrouiller pour tout mettre en route, trouver de l'argent. Heureusement, il y avait un intendant, très gentil... et épouvanté devant les responsabilités qu'on m'avait confiées ».
« Nous étions pleins d'ardeur, remplis de l'idéal européen »
En 1946, on la nomme à Bruxelles adjointe au chef de service des finances de l'Agence internationale alliée pour les réparations de guerre. « Nous avions des experts qui pistaient l'or des nazis et essayaient de le récupérer. A mon avis, il doit encore en rester des miettes ici ou là. » Dès 1948, elle participe au congrès du Mouvement européen à La Haye. Un jour, alors qu'elle était encore aux « réparations », une ancienne femme officier lui demande de participer à l'organisation d'une réunion européenne à Bruxelles. « C'est là que j'ai compris ce je que voulais faire de ma vie : participer à la construction européenne. J'ai écrit une belle lettre à Jacques Camille Paris, le premier secrétaire général du Conseil de l'Europe, un ancien haut fonctionnaire du Quai d'Orsay qui avait rejoint de Gaulle à Londres. » Elle n'a pas fait d'études universitaires, mais son passé militaire tient lieu de diplôme. Elle est engagée.
A Strasbourg, l'embryon d'administration du Conseil de l'Europe est installé dans une maison ancienne. Il lui faut à nouveau, comme à Paris, se mettre à la recherche de meubles et de fournitures de bureau.
Le culot d'une jeune femme face au maire de Strasbourg
« Personne n'avait d'argent, on gagnait très peu. Mais ça n'avait pas d'importance, on était jeunes. On s'invitait à manger les uns chez les autres. De temps en temps, on s'offrait un repas chez Yvonne. C'était une expérience unique, avec des fonctionnaires de très grande qualité. Nous étions pleins d'ardeur, remplis de l'idéal européen. Aujourd'hui, travailler au Conseil de l'Europe est devenu un job comme un autre. »
Armande Cohen s'étonne encore du culot dont elle a fait preuve à l'époque dans certaines circonstances. Comme ce jour où elle a forcé la porte du maire de Strasbourg pour lui demander d'organiser un événement qui sorte de l'ordinaire pour les représentants du Conseil de l'Europe siégeant à Strasbourg. « Un tour en bateau sur le Rhin ? », propose Charles Frey. « Non, ils l'ont déjà fait. Je suggère une réception dans le parc de l'Orangerie, avec orchestre et ballet. » Elle obtient gain de cause ; ce fut une formidable soirée.
En 1956, Armande Cohen rejoint à Paris l'UEO (Union de l'Europe occidentale) qui vient de se constituer. Secrétaire de la commission du budget, elle conseille le président sur toutes les questions budgétaires et administratives. Elle organise des réunions de l'UEO dans différents pays membres et s'efforce toujours de donner un certain lustre aux réceptions. Elle est aussi dans le coup pour la grande conférence sur le tunnel sous la Manche à Avignon, entre François Mitterrand et Margaret Thatcher ; elle s'occupe des relations avec la presse.
En retraite depuis 1983, retirée à Londres, abonnée au Figaro, Armande Cohen continue de suivre avec attention l'actualité européenne. « Hélas, dit-elle, je ne connais plus beaucoup de gens qui sont de vrais Européens ».
Claude Keiflin
10:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, armande cohen, conseil de l'europe, strasbourg



