02.01.2011

L'Europe désunie même dans son fonctionnement

On parle souvent de la voix faible et désunie de l'Europe dans le monde... son poids diplomatique, militaire... "un nain politique, mais un géant économique".

 

Or, ce poids politique est également faible en Europe même!

Les domaines ne manquent pas: entre les eurosceptiques et les autres, entre les pro et les anti-strasbourg...

 

QUESTION DES LANGUES

Cette désunion, c'est aussi la baisse des armes face à l'avancée de l'anglais. Nous avons beau avoir plusieurs langues importantes en Europe : allemand, français, italien, espagnol, russe, toutes ces langues sont oubliées au profit de l'anglais, qui ne donne par ailleurs pas une bonne image de l'Europe. Car l'anglais n'est pas une langue tournée vers l'Europe, mais vers les USA, vers une Grande Bretagne très méfiante vis-à-vis de l'Europe !

Tandis que plusieurs pays possèdent une langue commune :

français (France, Belgique)
néerlandais (Belgique, Pays-Bas)
allemand (Belgique, Allemagne, Autriche, Italie)
russe (l'ensemble des anciens pays du bloc de l'est)
grec (Grèce, Chypre)
anglais (Irlande, Grande-Bretagne, Malte)

sans oublier d'autres langues transfrontalières telles que l'occitan, le basque, le finnois-estonien, le gaélique (et autres langues d'origine celtique) 

Cela ne s'arrête pas là :

 

CHOIX DISCUTABLE DE CAPITALE: BRUXELLES

l'Europe est trop polarisée sur Bruxelles, alors que Bruxelles fait partie de l'ouest de l'ouest de l'Europe. Le centre de l'Europe se trouve bien plus à l'est!

De plus, choisir Bruxelles comme centre, une ville déjà capitale, cela montre la volonté européenne de centraliser le continent. Alors que d'autres pays, surtout lorsqu'ils sont plus respectueux des minorités, des régions, ont eu tendance à choisir une autre ville que la plus grande :

-Brasilia à la place de Sao Paulo ou Rio de Janeiro
-Washington à la place de New York ou Boston
-Ankara à la place d'Istanbul
-Pekin à la place de Shanghai
-Bonn plutôt que Francfort
-Berne plutôt que Zurich, Genève ou Bâle
-Ottawa plutôt que Montréal ou Toronto
-New Dehli plutôt que Bombay
-Canberra plutôt que Melbourne ou Sydney 
-Astana plutôt qu'Almaty 
-Islamabad plutôt que Karachi 
-Yamoussoukro plutôt qu'Abidjan
-La Haye plutôt qu'Amsterdam 
-Hanoi plutôt qu'Ho-chi-min-ville  
-Rabat plutôt que Casablanca
-Jérusalem plutôt que Tel Aviv 
-Pretoria, Le Cap et Bloemfontein à la place de Johannesburg
-Wellington plutôt que Auckland 
-Naypyidaw plutôt que Rangoon 

Ainsi, les exemples ne manquent pas pour montrer que la plus grande ville ou les centres économiques ne sont pas toujours choisis pour abriter la capitale politique du pays. D'autant plus lorsque la capitale la plus logique n'est située qu'au bord du pays. On préfère une capitale vraiment située au centre du pays.

Pour l'Europe, la question s'est trouvée un peu différente d'aujourd'hui, puisque la décision a dû se prendre par rapport aux membres originels de l'UE, à savoir 6 seuls pays. Il ne pouvait être raisonnable de fixer comme capitale une ville suisse ou autrichienne, lieux les plus appropriés pour le centre de l'Europe.

Le choix de Strasbourg ou de Luxembourg n'était pas inintéressant, car plaçait le centre de l'Europe entre les 2 plus puissants pays du continent, avec pour Strasbourg une encore plus grande proximité d'un autre grand, l'Italie.

Au fil du temps, Bruxelles se renforce, au détriment des pays du sud et de l'est de l'Europe!

 

PEU DE PLACE POUR CERTAINS

La France et l'Allemagne mènent le jeu, avec comme arbitre le Luxembourg ou d'autres qui comptent moins. Ainsi, la Pologne pourrait justifier de prendre plus de poids en Europe. Elle représente une superficie et une population non négligeable. Sa voix n'est peut-être pas assez entendue.

Aussi, certains Etats devraient s'allier pour un peu plus se rapprocher et peser, plutôt qu'aller chacun dans sa propre direction... ainsi les pays scandinaves ont chacun leur politique, tout comme les pays baltes, ainsi que les pays slaves ou encore les pays latins.

L'Europe gagnerait ainsi à se regrouper en ensembles, plutôt qu'à se considérer comme 27 entités. Qu'en sera-t-il lorsque l'Europe grossira, avec 30 membres ou plus ? Certes cela ne changera rien, mais chaque partie de l'Europe gagnerait à gagner en masse critique, et ainsi s'unir aux niveaux linguistique (une langue commune de travail?), économique (adoption de l'Euro), contrôle des frontières (Europe de Schengen).

28.12.2010

L'alsacien mort ?

Qui parle d'un dialecte alsacien en pleine disparition ?

Il semble bien qu'il fasse de la résistance.

 

D'une part avec l'action des pouvoirs publics, qui tentent de remettre au goût du jour l'alsacien, au travers de l'OLCA, en proposant différentes manières de faire redécouvrir l'alsacien... des fascicules sont ainsi proposés, les panneaux routiers (surtout dans le Haut Rhin), mais aussi la télévision en alsacien, les classes bilingues également...

Dans ce cadre, les associations de favorisation de l'alsacien jouent un rôle primordial, tel que celui d'ABCM Zweisprachigkeit... 

Une autre initiative, privée, elle, prend également son essor: l'alsacien sur internet. Facebook a été envahi, en témoigne un article paru récemment dans les DNA... 

De plus, l'alsacien est plébiscité par les chercheurs d'authenticité, le plus souvent extérieurs à l'Alsace... l'authenticité, n'est-ce pas ce que l'on cherche en l'Alsace ? la tradition, l'originalité, le terroir, l'authenticité, l'ancrage territorial, le savoir-faire, voilà des mots qui sonnent bien à l'oreille, qui sont en vogue, et qui font vendre... !

 

Cependant, le mouvement de mode en faveur de l'alsacien paraît bien isolé, comparé à la poussée des langues régionales à Toulouse, en Bretagne, dans le pays basque ou en Corse...! 

On pourra en reparler lorsqu'on (et surtout si on) se rendra facilement compte qu'on est en Alsace, avec un double affiche (voire triple ou quadruple : avec l'allemand et l'anglais en sus), montrant un peu plus la spécificité alsacienne au sein du concert des particularités locales et régionales françaises ! 

Salü bisame !

25.12.2010

Strasbourg en dehors des flux !

On connaît depuis de nombreuses années la notion de banane bleue. Celle-ci se matérialise notamment par les flux de marchandises, de personnes, et les infrastructures diverses pour les accueillir.

 

Et, manifestement, Strasbourg en est bel et bien écartée. 

 

LE FERROVIAIRE

Celui-ci n'alimente Strasbourg guère d'autre part que de la France, à savoir les grandes capitales régionales que sont Lyon, Lille, Nantes, Bordeaux, Rennes, et enfin Paris. Et cela n'est ainsi que depuis 2007 ! 

Les trains étrangers sont bien rares... les voisins allemands sont même très absents. On attend pas le premier ICE avant décembre 2011 !

Plus grave, selon moi, l'interruption des trains longue distance, ou la stagnation de leur offre de service. Ainsi, depuis décembre 2009, il n'existe plus de direct vers Vienne. Après l'interruption de la ligne jusqu'à Budapest. Sans oublier la fin du service pour Milan.

Tout cela, alors que du côté allemand du Rhin, le ferroviaire relie la Suisse à Hambourg, Berlin, et Amsterdam ! Et que de la Suisse l'Autriche ainsi que l'Italie sont aisément atteignables !

 

L'AERIEN

Là-aussi Strasbourg peine. Elle a subi de plein fouet la concurrence du TGV vers Paris, elle subira demain la concurrence du TGV vers Lyon. 

Parallèlement, le low cost ne s'y développe pas.

Et le potentiel aérien se reporte alors sur Bâle-Mulhouse ainsi que sur Karlsruhe-Baden-Baden. Ce dernier ayant, en quelques années à peine, dépassé déjà la fréquentation de l'aéroport strasbourgeois!

 

LA ROUTE

Une fois encore, l'Alsace se trouve hors des flux de circulation. La région du Rhin Supérieur est dominée par l'HAFRABA, l'axe de circulation Hamburg-Frankfurt-Basel.

Les flux observés en Alsace ne sont que la conséquence de l'évitement des poids lourds du territoire allemand (en raison de la Maut) ainsi que l'évitement des péages autoroutiers françaises (A31 notamment), sans oublier les flux locaux, l'Alsace étant relativement bien dense en population.

 

PERSPECTIVES

Il faudrait à Strasbourg de meilleures liaisons avec ses voisins européens (allemand surtout), mais aussi une amélioration de l'axe Bruxelles-Milan. Tandis que les axes nord-sud et est-ouest sont en train d'être repensés (Paris-Budapest/Bratislava et Francfort-Marseille).

Strasbourg est au centre de l'Europe, mais est isolée dans ce centre, alors qu'elle fait vivre la démocratie européenne....