01.11.2009

Sommes-nous manipulés ?

C'est la question qui s'est posée dans un cours cette semaine. Elle ne finit pas de m'interroger.

 

Car finalement la tentation de se dire que TOUT est pourri, qu'on nous prend TOUS pour des moins que rien, est bien facile. Au moins si l'on se trompe un peu, voire beaucoup, on ne peut pas être accusé de vouloir être idéaliste, naif. Ca permet de se protéger.

 

Mais en fait, c'est une erreur de l'esprit. Car on ne fait pas la part des choses. Et l'on se prive d'une part de vérité.

 

En réalité, les choses sont nuancées, pas aussi tranchées qu'on pourrait le penser.

On se contentant de simplifier et de croire, en faisant cela, qu'on est plus intelligent que les autres.

 

La réalité, c'est que nous ne sommes pas tant influencés que ça. Pourquoi ? Car nous choisissons. Nous le faisons constamment.

 

Il n'est pas question d'éducation, mais vraiment de choix.

 

Dans notre enfance, on nous explique longuement et calmement qu'il faut ouvrir son esprit, s'intéresser à la littérature, au dessin, à l'art, à la musique, au bon goût, apprendre à vivre en société.

 

Et pourtant, on se met quand même à fumer, à boire, à faire des accidents, à être accro aux nouvelles technologies, aux écrans, à jouer, à se fermer aux autres, et à développer des sentiments et des attitudes anti-sociaux.

 

Ainsi, malgré l'éducation reçue, on mange mal, on se rend dans des fast food, on est parfois imprudent, et on se délecte à se dire libre et à mener notre existence telle qu'on la souhaite.

 

Après, dans notre interaction avec la presse, le cinéma, les moyens de communication, la télévision, le théâtre, la musique, Internet, on a beau vouloir nous inciter à telle ou telle chose, nous choisissons. Nous avons du choix, mais ce choix va souvent dans le même sens. C'est bien la preuve que notre volonté est maîtresse.

 

La presse la plus vendue est proche de la télévision la plus regardée, des films les plus visionnés, des pièces les plus fréquentées, des chansons les plus composées.

 

De plus, notre choix détermine les créations et les disparitions. Loft Story a-t-elle survécu à la sanction populaire ? Le documentaire de Nicolas Philibert sur une école auvergnate n'a-t-il pas connu une certaine consécration alors même qu'il ne s'agit ni d'un blockbuster, ni d'un document fortement médiatisé ?

Le choix populaire ne cesse de signer l'arrêt de mort ou la mise en avant de produits, de services...entre la disparition de caramail ou de geocities, la création de dailymotion ou youtube... la starisation de rémi gaillard ou la ridiculisation de Michael Vendetta... la promotion de Redbull...

 

De la à dire que ce que l'on nous annonce comme le plus populaire le soit vraiment, je n'irais pas jusque là. Il est certain qu'il existe des standards qui sont toujours mis en avant, et qui sont considérés comme le goût moyen de tout un chacun.

Mais c'est là ignorer la face cachée de l'Iceberg. Ou ignorer qu'il y a autre chose. Qui pourrait donc se permettre de dire ce qui fait la culture des gens ? Comment quantifier ? En s'avançant, on se permet forcément une certaine subjectivité.

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